Search Israel, le premier portail israélien francophone, est avant tout un site sioniste. Pour aider les francophones à mieux réussir leur aliya, Search Israel publie régulièrement des articles et des portraits d’anciens « Olim ». Conseils, recommandations, erreurs à éviter, tout y est !

 

Une aliya réussie, mode d’emploi

 

Portrait de Cyril Rajz, concepteur/rédacteur dans une agence de pub, installé en Israël depuis 1 an et demi.

 

Cyril, 39 ans, marié, trois enfants, s’est installé à Netanya le 26 mars 2007. C’est sans naïveté et avec une grande lucidité qu’il a préparé son aliya. Pendant son aliya (avant, pendant et après être arrivé-soit 4 mois d‘écrit), il a tenu un journal de bord, pour ne pas oublier, pour témoigner. De cette expérience né « Je monte, le récit de mon alya », un livre où larmes et fou rires se conjuguent au présent. Sans détour et avec un ton presque paternel, il répond aux questions de Search Israël et donne ses recommandations aux futurs « olim ».

 

Karen Sutton – Search Israel (SI) : Quelles ont été les raisons qui ont motivées votre aliya ?

 

Cyril Rajz (CR) : Je souhaitais avant tout offrir une meilleure qualité de vie à mes enfants. Sioniste, je voulais m’éloigner de l’antisémitisme français, ce n’était cependant en aucun cas une fuite. Je reste très attaché à la France, en particuliers au niveau professionnel.

 

SI : Comment avez-vous préparé votre aliya ? Comment avez-vous trouvé votre premier emploi en Israël ?

 

CR : En France j’étais concepteur-rédacteur dans une grande agence de pub. Lorsque j’ai décidé de faire mon aliya, les deux premières démarches que j’ai effectué furent de m’inscrire à un « oulpan » – cours d’hébreu -  du soir et de chercher un travail. C’est d’ailleurs depuis la France que j’ai trouvé mon premier emploi. Un grand groupe de presse français se délocalisait et ouvrait des bureaux en Israël, j’ai obtenu le poste de directeur de la création.

 

SI : Vous n’avez donc pas eu besoin d’utiliser des services d’aide à l’emploi pour nouveaux immigrants ?

 

CR : Je ne m’en suis pas servi pour trouver un emploi mais j’ai fais appel à de nombreux organismes lorsque j’ai monté le 12 Août dernier « Yom Aolim ».

Cet évènement est la première foire d’exposants entrepreneurs olim en Israel. Issus de milieux professionnels et culturels variés, ils étaient tous présents pour montrer aux israéliens et aux futurs immigrants que l’on peut monter une société en Israël et en vivre à long terme. « Yom Aolim » a aussi permis à tous les « olim » qui ont monté une société ici de se connaitre et de se faire connaître.

 

 

SI : Vers quels organismes privés ou publics vous êtes-vous tourné et de quelles aides avez-vous bénéficié ?

 

CR : J’ai tout d’abord tenté d’activé mon « réseau » de contacts. Je pensais qu’il y avait chez les francophones en Israël une réelle entraide, similaire au lobbying de la communauté anglo-saxonne. Ces appels sont restés quasiment tous sans réponse. J’ai eu dans un premier temps la sensation qu’il n’y avait pas d’entraide ou alors très superficielle. J’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes.

Je suis allé au ministère de l’intégration. J’ai senti une oreille réceptive et leur ai parlé de mon projet de « Yom Aolim ». C’est grâce à eux que j’ai obtenu le soutien de la mairie de Nataniya ainsi qu’une aide de AMI – Aliya et Meilleure intégration. J’avais déjà entendu parler d’AMI en France car ce sont eux qui organisaient l’oulpan que je suivais. Ils ont soutenus et cofinancés mon projet avec la mairie de Netanya.

J’ai aussi fait appel à MATI: Ils ont pour but d’aider les olim entrepreneurs à mieux gérer leur business en proposant notamment, des cours apprenant les rudiments de la comptabilité israélienne. On peut aussi bénéficier grâce à cette association d’une bourse pour l’achat de matériel de société cofinancé par le ministère de l’intégration et allant jusqu’à 8000 shekels.

 

SI : Quels conseils donneriez-vous à un « olé » qui souhaite monter une société en Israël ?

 

CR : Qu’il ne faut pas hésiter à aller frapper aux portes des différentes associations privées et publiques. Souvent ces aides sont à la portée de tous mais complètement ignorées par la plupart des olim. Il est possible de demander des bourses depuis la France par le biais de l’agence juive. Ces sommes varient en fonction de la situation familiale et des revenus et passent bien évidemment devant un comité qui décidera du montant de la somme octroyée. Sachez cependant que vous pouvez bénéficier par ce biais de plusieurs milliers d’euros issus du budget de ministère de l’intégration. 

 

J’ai d’ailleurs montée ma société en nom propre, qui me permet d’exercer en parallèle et en indépendant ma profession de designer graphique.

 

SI : Parlez nous de votre livre, « je monte », quelle a été votre démarche en écrivant ce livre ?

 

CR : Ce livre est pour moi la genèse de « Yom Aolim ». Pendant les quatre premiers mois de mon aliya j’ai tenu un « carnet de bord » de toute la préparation de mon aliya.  Encouragé par mes amis, j’ai mis mon expérience par écrit et j’ai raconté 4 mois de ma vie. Je ne voulais pas oublier les difficultés du début, je voulais que les autres bénéficient de mon expérience, ne fassent pas les même erreurs et soient mieux préparés. Je leur raconte tout, du moindre euro dépensé, en passant par les démarches administratives, les larmes, le choc des cultures, les déceptions mais aussi et surtout les fous rires, les aides dont j’ai bénéficiées, ma nouvelle vie. 

 

SI : Après presque deux ans en ici, vous sentez-vous bien intégré à la société israélienne ?

 

CR : Pour moi, la langue est un élément indissociable dans mon intégration au pays et à sa culture.  Je ne lis ni n’écris encore l’hébreu suffisamment bien, mais je n’abandonne pas. En dépit du fait que je travaille principalement en français et que cela frêne ma progression, je continue à travailler mon hébreu.

Lorsque j’ai décidé de monter en Israël, c’est d’ailleurs la première chose que j’ai faite. Je me suis inscris à un cours du soir que je suivais après le travail. Ici j’ai continué, comme en France, en cours du soir. 

 

SI : Quelles recommandations donneriez vous à un olé qui cherche son premier emploi en Israel ?

 

CR : Apprendre l’hébreu avant le départ de France et continuer ici. Il faut aussi bien préparer ses débouchés professionnels avant d’arriver si possible. Utilisez tous vos contacts, c’est en « tirant » dans tous les sens que les choses finissent par bouger ! Je considère que j’ai de la chance de pouvoir continuer à exercer le même métier qu’en France et je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde. AMI proposent des bilans de compétence pré-aliya, il ne faut pas hésiter à s’en servir, car bien réussir son aliya passe avant tout par un emploi stable. 

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