Une intégration réussie passe par l’emploi, ce n’est un secret pour personne. Selon des données officieuses 20 à 30% des nouveaux immigrants rentrent en France dans les deux ans qui suivent leur aliya. Autres chiffres encore plus dramatiques, l’aliya française est passée de 2700 à 1800 olim entre 2007 et 2008.

La cause des ces statistiques alarmante ? Principalement l’incapacité pour ces personnes à trouver un emploi correspondant à leurs attentes et qualifications lors de leur arrivée en Israël.

Comment mieux chercher du travail en Israël ? Comment éviter de multiplier les entretiens ratés? Comment s’adapter plus vite aux attentes des employeurs israéliens pour augmenter les chances de succès ? Comment se créer un réseau de contacts solides au sien du monde professionnel israélien ?

Ce sont les outils que Gvahim, un projet à but non lucratif, donnent aux « olim hautement qualifiés » depuis maintenant  presque trois ans.

 

Mickaël Bensadoun, directeur du projet Gvahim à la Fondation Rashi et Tania Amar, bénévole pour le projet Gvahim et responsable du Technology and Industry Network répondent aux questions de www.searchisrael.fr 

 

Karen Sutton (KS) : Gvahim est un projet qui fait parti des multiples actions de la Fondation Rashi, pouvez-vous nous expliquer l’origine du projet?

 

Mickael Bensadoun (MB) :

En mars 2006, conscients des difficultés auxquelles les « olim » font face lors de leur intégration au monde du travail, la Fondation Rashi et les partenaires du projet, l’association AMI et l’Association des Anciens et Elèves de Grandes Ecoles en Israël (AAEGE-Israël) ont d’abord choisi d’aider les nouveaux immigrants français et en particuliers les diplômés de Grandes Ecoles et d’Universités. Ces dix dernières années, Israël a la chance d’accueillir de plus en plus d’immigrants diplômés des meilleures grandes écoles et universités françaises… Leurs diplômes sont moins valorisés qu’en France et ils ne bénéficient en général pas ici du réseau de contacts qui leur permet de démarrer leur carrière professionnelle en France. Ces immigrants ont souvent un chemin tout tracé dans leur pays d’origine et en Israël, un accompagnement de qualité visant à les aider à trouver un emploi correspondant à leurs qualifications et à surtout à leurs attentes peut être très utile. A Gvahim, nous avons tout à fait conscience de cette problématique. A ce propos, Ezra Banoun, l’un de nos plus anciens bénévoles vous raconterai en souriant ce que ses amis des Mines ont pensé lorsqu’il a annoncé qu’il montait vivre en Israël avec sa famille en 1979 ! A l’époque cela paraissait complètement insensé !

 

KS : A l’ origine de ce projet il y a donc la Fondation Rashi et les bénévoles, pouvez-vous nous en dire plus sur les potentiels employeurs israéliens qui travaillent avec vous ?

 

MB : Il est évident que ce projet n’aurai jamais pu voir le jour sans l’initiative de trois industriels israéliens sionistes que sont Yair Shamir, Chairman de l’IAI (Israeli Aerospace Industries) et du fonds d’investissement Catalyst, Elie Ayalon, Président du groupe DSP et Sami Friedrich, CEO de Shaldor. Ils avaient clairement conscience du problème et certains souhaitaient même à l’époque imposer des quotas de « olim » dans les entreprises israéliennes ! Ce projet n’a jamais vu le jour, en revanche, nous avons pu créer ensemble le projet Gvahim.

 

KS : Quels est le profile type d’un « candidat » Gvahim ?

 

Tania Amar, Directeur Marketing chez NICE Technologie

Tania Amar (TA) : On ne peut pas dire qu’il y ait de profile type car nous ne refusons d’aider personne, mais nous sommes plus à même d’aider les « olé » sortant de Grandes Ecoles (ou équivalent), avec ou sans expérience professionnelle, maitrisant parfaitement l’anglais et parlant déjà l’hébreu plus ou moins correctement.

 

KS : Quels sont les objectifs de Gvahim ?

 

TA : L’objectif ou plutôt, le défi? Aider nos participants à trouver un emploi en quatre mois maximum. Nous savons qu’il est important de ne pas rester trop longtemps sans emploi au début de l’aliya, cela décourage et le manque d’argent est une source d’angoisse évidente pour les nouveaux immigrants. Chez Gvahim nous essayons de donner une aide structurée et proactive aux « olim » à la recherche d’un emploi.

 

KS : Quels sont les secteurs dans lesquels vous êtes le plus actif ?

 

TA : Gvahim est soutenu par trois réseaux (networks) bien distincts, gérés et animés par des bénévoles. Il y a le Network Technologie et Industrie dont je m’occupe, le  réseau Marketing et Communication géré par Anne Sophie Trouillard et Alain Zeitoun, et enfin la branche Finance et Conseil animé par Raphael Salama.

 

MB : En effet, notre expertise se situe plus dans ces domaines là et pour le moment, nous ne pouvons pas offrir de services de qualités à certains profils (avocats et médecins par exemple)…

 

KS : Que se passe-t-il pendant ces 4 mois de « coaching » des « olim » ?

 

TA : Notre aide est très « tachless » ! Nous avons un seul objectif, aider ces « olim » à trouver un emploi. Notre valeur ajoutée se situe sur quatre points essentiels :

  1. Le training - nous organisons des séminaires, des conférences ainsi que des ateliers intéractifs (visites en entreprises et simulations d’entretiens).
  2. Les « Mélavim » – chaque participant au programme se voit attribuer un coach personnel qui l’accompagne dans ses recherches d’emploi. Nous sommes en permanence en recherche de professionnels prêts a s’investir dans cette mission d’accompagnement qui s’avère être un élément critique dans la réussite du projet
  3. Les consultants en ressource humaine – chaque participant bénéficie de 3 heures de consulting avec un spécialiste en ressources humaines
  4. Le Networking – afin d’aider le « olé » à se créer un réseau de contacts professionnels en Israël par le biais des « mélavim » et des Alumnis du programme.

 

En ce qui concerne les conférences que nous organisons, les deux dernières en date ont été un réel succès. Ces conférences regroupent aussi bien des « olim » que des non « olim » intéressés par les sujets traités et les personnes présentes lors des réunions.   

En juin dernier, nous avons organisé un événement sur le « CleanTech », qui traitait des développements technologiques pour un environnement propre et regroupait des figures emblématiques du domaine en Israël comme par exemple :Yoel Gilon, Senior Vice-President de Luz II et Ziva Patir, Standards & Compliance Manager du projet Better Place Israel.

 

Grand succès aussi pour le séminaire qui eu lieu début décembre et qui traitait du thème de la difficulté à « Communiquer en temps de crise » avec trois intervenants de marque que sont Ofer Feldman, CEO de BBDO Israel., Kobi Amzaleg, Account Group Director chez J. Walter Thomson et Jacob Kedmi, Marketing Strategy & Branding Expert, ancien VP Marketing de Orange Israel. 

 

Ofer Feldman, Kobi Amzaleg et Jacob Kedmi intervenants de la conférence « Communiquer en temps de crise »

Toujours dans une approche proactive, Gvahim organise des rencontres dans des sociétés israéliennes. La dernière a eu lieu le 11 décembre chez Amdocs et a réuni plus de 30 participants « Olim » qui ont pu transmettre directement leurs CV aux responsables Ressources Humaines de la société.  

Enfin et toujours pour mieux préparer les nouveaux immigrants aux réalités du monde du travail, nous organisons des simulations d’entretien avec des responsables ressources humaines de sociétés israéliennes ou encore avec des professeurs de théâtre.  

 

KS : Quel est votre bilan après presque 3 ans d’action ?

 

MB : Nous sommes aujourd’hui aux sessions 6 et 7 (30 participants en moyenne par session) et nous avons donc accompagné à peu près 200 « olim » hautement qualifiés. D’après un sondage anonyme que nous avons effectué en mars 2008, 95% d’entre eux déclarent que le programme a été utile à leur recherche d’emploi et 75% qu’ils ont trouvé un emploi qui correspond à leurs attentes et qualifications.  

 

KS : Quels sont les futurs développements de Gvahim ?

 

MB : Nous souhaitons à présent aider les olim non francophones, dans un premier temps les anglophones. Nous avons à ce propos établi un partenariat avec l’association Israemploy et l’association « Nefesh be nesfesh » qui remplace aujourd’hui l’Agence Juive pour les aliya provenant de pays anglophones.

Nous souhaiterions aussi donner des réponses aux personnes préparant leur aliya et qui sont encore dans leur pays d’origine afin de pouvoir les aider avant même leur arrivée. C’est quelque chose que nous n’avons pas encore les moyens de faire et qui nous semble important. Par ailleurs, du fait de la crise économique, de nombreux Israéliens qui résidaient jusquà récemment à létranger reviennent en Israël (tochavim hozrim) et nous envisageons dapporter une réponse adaptée aux besoins des tochavim hozim. Il sagit là dune formidable opportunité pour léconomie et le pays. 

 

KS : Comment se passe le financement du projet aujourd’hui ?

 

MB : Nous sommes en temps de crise, les budgets n’ont pas été augmentés et nous souhaitons satisfaire une demande qui se développe. Seule une petite partie est financée par la cotisation des participants (250 shekels), une grande partie par la Fondation Rashi, et par l’association AMI grâce à notre partenariat, mais nous avons besoin de fonds, et de plus de bénévoles pour accompagner nos participants.   

 

Si vous souhaitez soutenir le projet Gvahim ou être soutenu, n’hésitez pas à contacter Mickael Bensadoun : mickael@rashi.org.il

 

 Karen Sutton pour www.searchisrael.fr

 

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