Lionel Abelanski

Karen Sutton (KS): Comment s’est passé le tournage du film et la coopération avec les acteurs israéliens ?

Lionel Abelanski (LA) : Extrêmement bien ! J’ai été agréablement surpris, les israéliens ne sont pas aussi durs que l’on tente de nous le faire croire ! Je dirai qu’ils sont sans « chichi » ni fioriture, très touchants le tout lié à un imperceptible respect de l’autre. J’ai aussi apprécié la quasi absence de jugement par rapport aux classes sociales, il y a peu de clivages entre les gens. J’ai revu ce soir des personnes que j’ai grandement apprécié lors du tournage, une amitié mutuelle s’est construite, sans promesse mais avec un réel plaisir de se retrouver, une sincérité touchante.

 

KS : Qu’avez-vous ressenti en travaillant en Israël lors du tournage du film ?

LA : Quelque chose de nouveau, c’est très différent de venir en Israël en tant que touriste en vacances avec sa famille et de se retrouver d’un coup dans un mois et demi de tournage face à des gens qui sont ici au quotidien et qui vous font partager des moments de leurs vies. Pendant le tournage j’ai en quelque sorte redécouvert Israël, aussi bien géographiquement au travers du « road trip » où j’ai vu des paysages splendides, que moralement. Je ressens ici une sorte de détente inexplicable, comme si le temps s’arrêtait. C’est presque paradoxal quand on voit à quelle vitesse tout se passe ici !

 

KS : Vous avez donc été atteint par le Syndrome de Jérusalem?

LA : Le syndrome de Jérusalem, de Tel Aviv…d’Israel !

 

KS : Le film sort sur les écrans israéliens dans quelques jours…stressé ?

LA : Oui, un peu, comme à chaque sortie de film, mais c’est surtout l’enjeu, le pari un peu fou de produire un film avec quasiment aucun budget ! Si le film est un succès cela tiendra du miracle ! Beaucoup de gens ont travaillé dur sans avoir encore été payé alors souhaitons que le film soit récompensé par le succès qu’il mérite ! Albert Illuz (ndlr : joue le rôle du policier en charge de l’enquête) dit qu’il faut sortir le film au Japon ! Il est vrai qu’il existe là bas un véritable engouement pour tout ce qui touche à Israel. Alors après Israël, la France et pourquoi pas…le Japon !

 

KS : Le Syndrome de Jérusalem montre avec humour la façon dont la jeunesse israélienne semble être dans une recherche de soi, on y parle d’énergies en particuliers dans la scène tournée dans le festival de méditation de kfar mokdim. Quelles énergies avez-vous ressenti lors du tournage et lors de vos visites en Israël?

LA : Quelque chose d’assez incroyable, tout à l’air de bien aller comme si tout était possible, comme si tout avait toujours été possible depuis 3000 ans, depuis 60 ans. Comme un « truc de vie » qu’on ne ressent nulle part ailleurs, quelque chose d’impalpable et d’inexplicable…

 

KS : Maintenant que vous connaissez Israël sur le bout des doigts, avez-vous quelques recommandations à faire aux lecteurs de Searchisrael.fr?

LA : J’adore me balader à Tel Aviv, en particuliers dans le quartier-village de Névé Tzedek au sud de la ville. J’aime aussi beaucoup le « Kerem Hatemanim » (Ndlr : quartier situé dans le sud de Tel Aviv et initialement fondé par la communauté yéménite en 1903), et je mets systématiquement au moins un quart d’heure à retrouver « le » resto où j’aime aller manger une soupe comme Yvan Attal dans “Les Patriotes”. J’adore aussi la mer et j’aime prendre un café sur la plage du Banana Beach. Côté restaurant, je vais souvent au Nana Bar à Nevé Tzedek. Je concluerai en disant qu’il fait tout simplement bon vivre à Tel Aviv cette ville aux milles facettes…

 

Karen Sutton pour www.searchisrael.fr

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